Ses travaux
Depuis vingt ans, le nom du Professeur Etienne Baulieu est associé aux lettres RU (celles du laboratoire Roussel-Uclaf) et les trois chiffres 4-8-6 (numéro d'ordre de la synthèse de la molécule), du nom RU486, appellation scientifique pour désigner la pilule abortive. Un tournant dans l'histoire de l'avortement. Le fruit d'un travail d'équipe dont il présenta les premiers résultats en 1982 devant l'Académie des sciences et qui lui vaudra, en 1989, l'attribution du prestigieux prix Albert-Lasker de médecine, considéré comme l'antichambre du prix Nobel.
Avec le RU 486, le Professeur avait trouvé « sa bonne cause ». Il est, dit-il, un « type qui veut faire des choses ». Il n'hésitera pas, très tôt dans sa carrière, à traverser l'Atlantique et à être l'un des premiers universitaires à collaborer, malgré les critiques de ses pairs, avec l'industrie pharmaceutique en tant que consultant. Pas pour l'argent - « Je n'ai jamais gagné les moindres royalties sur le RU 486 et j'ai une âme de fonctionnaire » - mais pour la recherche fondamentale, « le top pour moi ». C'est sa découverte de la sécrétion de la DHEA (déhydroépiandrostérone, une hormone stéroïde produite par la glande surrénale), en 1960, qui lui ouvre les portes des Etats-Unis. Sa rencontre avec Pincus le pousse finalement à choisir d'autres horizons. Bien des années plus tard, le combat en faveur du RU 486 achevé, le professeur Baulieu reprend ses travaux sur la DHEA, lance une vaste étude baptisée « DHEâge », persuadé que cette hormone naturelle pourrait donner naissance à une nouvelle pilule.
Persuadé que l'allongement de la vie est « LE phénomène de l'humanité », il vient de créer son Institut pour lancer des recherches sur la perte de la mémoire.







