Etudes en cours
Il existe très peu de connaissances dans le domaine de la prévention des troubles cérébraux liés à l’âge (mémoire, dépendance de type Alzheimer, Parkinson, dépression…). Pour prévenir ces pathologies liées à des mécanismes neurodégénératifs et souvent à des troubles vasculaires, il faut non seulement les comprendre et inventer des traitements précoces, voire préventifs, mais aussi s’assurer que ceux-ci peuvent s’appliquer à l’homme peut-être pendant une vingtaine d’années ou plus, souvent en associations avec d’autres thérapies nécessaires après 60 ans, afin de maintenir le système musculaire, articulaire, cardiaque… et corriger, pour les femmes surtout, les ennuis sérieux provoqués par la baisse des hormones sexuelles. Notre stratégie repose sur l'intervention de médications nouvelles issues de différents systèmes régulateurs et, en particulier, les neurostéroïdes découverts dans notre laboratoire : c'est en cela que cette stratégie est originale.
Nous travaillons - comme nous l’avons toujours fait – sur des hormones stéroïdes, et en particulier celles fabriquées dans le système nerveux et dont la diminution avec l’âge compromet le fonctionnement du cerveau, notamment de la mémoire. La prégnènolone est un de ces « neurostéroïdes » dérivés du cholestérol, qui, comme la DHEA dont elle est un précurseur, est abondante dans le cerveau. Nous avons d’ailleurs étudié l’influence de cette prégnènolone sur des petits vers dotés de 969 cellules, qui vivent environ vingt jours et qu’on utilise souvent pour ce genre d’expériences, les C. elegans. Chez les animaux en déficit, la durée de vie en moyenne a été augmentée d'un tiers.
Récemment, nous avons mis au point un médicament dérivé de la prégnènolone qui, en agissant au niveau des microtubules des neurones, permet chez l'animal la réparation plus rapide et plus complète de lésions résultant de traumatismes de la moelle épinière et du cerveau. Nous désirons développer ces observations de deux façons : d'une part, en appliquant le dérivé neurostéroïde à l'homme pour traiter des affections brutales, traumatiques ou vasculaires, demandant une intervention rapide pour permettre de protéger le fonctionnement des neurones. D'autre part, nous pensons à appliquer le même type de produit au cours d'affections évoluant lentement et longuement, telles que les maladies neurodégénératives et même le vieillissement "normal" du cerveau.
Afin de pouvoir utiliser un produit pendant une longue période, il faut commencer par faire des travaux de longue haleine, toute la vie de rats et de souris, soit 2 ans environ. Cela permettra d'éliminer la survenue toujours redoutée d'effets secondaires non seulement au niveau du système nerveux mais aussi sur les paramètres généraux de la santé : fonctionnement cardiovasculaire, structure du squelette et des muscles, tolérance immunitaire, etc. On conçoit le prix élevé de ces préalables indispensables à des hypothèses thérapeutiques sérieuses.
Si les recherches peuvent alors être transférées chez les souris, on étudiera la durée de leur vie, la préservation de leur mémoire et d'autres signes de comportement. Nous utiliserons aussi des animaux génétiquement modifiés, « modèle s» de maladie d’Alzheimer et d'autres démences.
Ultérieurement chez l’homme, nous envisageons de faire un essai d’administration auprès de volontaires sains âgés de plus de 60 ans.
Ce qui est certain pour nous, c’est qu’on trouvera un jour une pilule pour protéger ou même restaurer la mémoire, et très probablement un moyen de repousser la dépendance d'origine cérébrale. Notre pari : ce sera un dérivé d’hormone !







